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09-02-2016 – Pers – Des kits d’urgence pour les soins palliatifs

L’Avenir*,

Di. 09 Feb. 2016, Pagina 5

L’Open Vld veut munir les équipes de soutien aux patients en soins palliatifs à domicile de kits de médicaments. Ceux-ci étant, par moments, difficiles à trouver.

Aujourd’hui, de plus en plus de personnes en fin de vie désirent mourir chez elles. Face à ce souhait, un accompagnement spécifique est nécessaire.

Dans ce cadre, le rôle des équipes d’accompagnement multidisciplinaires à domicile, qui viennent seconder médecins traitants et infirmières à domicile, est primordial. Disponibles 24 h/24, 7 j/7, ces infirmiers de seconde ligne, spécialisés en soins palliatifs, apportent un soutien psychologique et moral au patient et ses proches, coordonnent les soins, amènent leur expertise à la 1re ligne, etc. Il arrive, de temps à autre, qu’ils administrent un médicament ou posent un acte médical, s’il y a accord du médecin ou urgence.

«Les demandes auprès de nos équipes sont croissantes, constate Lorraine Fontaine, directrice de la Fédération wallonne des soins palliatifs, qui dénombre neuf équipes de soutien en Région wallonne. La population vieillit et les situations palliatives auxquelles doit faire face la première ligne sont de plus en plus complexes, en raison de la politique de retour à domicile des hôpitaux. À l’heure actuelle, un médecin généraliste s’occupe d’un ou deux patients palliatifs par an. Et il se trouve parfois dépourvu face à certains cas.»

Mais cette seconde ligne, toujours plus sollicitée aujourd’hui, est parfois confrontée à un problème de taille. «Il arrive, le week-end ou la nuit, qu’on nous appelle en urgence pour soulager la douleur d’un patient, raconte Lorraine Fontaine. Mais quand nous arrivons sur place, le médicament n’est pas disponible. Soit parce que le médecin, par manque d’anticipation, n’a pas fait de prescription ou que le médicament n’a pas été trouvé chez le pharmacien de garde qui ne possède pas toujours, ou en quantités suffisantes, les médicaments à usage palliatif (analgésique, etc.).» Catherine Herremans, directrice de l’ASBL Domus, équipe de soutien en Brabant wallon, est confrontée au problème «au moins une fois par mois . Et encore, c’est parce que nous anticipons. On doit alors contacter toutes les pharmacies jusqu’à trouver le médicament. C’est une perte de temps!»

 

En cas d’urgence

Une situation critique à laquelle l’Open Vld voudrait remédier en prenant exemple sur un projet pilote en Flandre (voir cadrée). Là, les infirmiers de seconde ligne sont munis de kits de médicaments afin de parer à une possible indisponibilité de ceux-ci en pharmacie. «Un patient doit pouvoir obtenir son traitement le plus rapidement possible, dit la députée fédérale Ine Somers, qui a déposé une proposition de résolution à la Chambre. Dans un hôpital, les médicaments sont toujours rapidement disponibles à l’officine. Cette possibilité n’existe pas à domicile.»

 

Le parti flamand voudrait ainsi conférer un ancrage légal à ce projet pilote. Il s’agirait avant tout de trouver une solution réglementaire afin de permettre à ces infirmiers de disposer et de transporter ces médicaments. En effet, la loi leur interdit aujourd’hui de véhiculer des stupéfiants comme la morphine ou la kétamine, produits utilisés en soins palliatifs pour atténuer la douleur.

Il s’agirait, en outre, de définir le contenu de ces kits, d’élaborer un système de sécurité destiné à prévenir les abus (suivi du kit) et d’introduire un pharmacien dans chaque équipe de soutien.

Cette proposition sera présentée en Commission fin février.